Discriminations logement : quand un nom de famille empêche l’accès à la location

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Les résultats d’un « testing » mené en 2016 sont édifiants : les discriminations logement sont beaucoup plus importantes lorsque l’on porte un nom ou prénom à consonance maghrébine. Agences et propriétaires sont en effet plus réticents à louer leur bien. Explications.

L’enquête en résumé


Le jeudi 2 mars 2017 ont été publiés les résultats d’une vaste enquête menée à Paris par une fédération de chercheur du CNRS en 2016. Il s’agissait de prouver que les personnes d’origine maghrébine subissent davantage de discriminations logement que celles qui portent un nom à résonnance française. Et le « testing » a démontré ce que l’on savait déjà : les discriminations sont bien réelles. Les bailleurs font en effet souvent le choix de ne pas louer à des candidats d’origine étrangère.


Les résultats ont été remis à Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, sous l’œil de Dominique Sopo, président de SOS Racisme et d’une représentante du défenseur des droits.

L’usage du « testing » pour démontrer les discriminations logement


Le « testing » est une méthode d’enquête encore peu utilisée en France. Elle consiste, dans ce cas, à se faire passer pour un candidat à la location en empruntant une identité fictive. Ici, quatre identités ont été utilisées dont deux « suggèrent une origine française » et deux une identité nord-africaine. Dans chacun de ces deux groupes, un fonctionnaire, pour apporter la preuve de ressources stables. Ce critère permet « d’interpréter les raisons du refus de l’offreur » pour démontrer que ce n’est pas seulement « la capacité supposée du locataire à s’acquitter de son loyer » qui fait office d’argument d’autorité.


Les quatre personnes ont postulé à 504 annonces immobilières de location à pourvoir dans Paris entre début avril et fin mai 2016.

Des discriminations logement « très fortes »


Et les résultats sont sans appel. Les origines maghrébines empêchent clairement l’accès au marché de la location. Elles affichent 12,9% de réponses favorables contre 18,7% pour les Français.
Pour les fonctionnaires, le candidat maghrébin obtient un pourcentage favorable de 15,5% contre 42,9% pour le candidat français. Un chiffre presque trois fois plus élevé !


Les chiffres cités ci-dessus sont ceux observés après avoir répondu à une annonce postée par une agence. Lorsque la location se fait de particulier à particulier, les discriminations sont encore plus fortes.


Les propriétaires particuliers n’ont répondu qu’à 6,6% favorablement à un candidat à la location d’origine maghrébine, qu’il soit fonctionnaire ou non.


Face à ces résultats, le gouvernement ne peut rester de marbre. Emmanuelle Cosse devrait, dans les jours prochains, annoncer la diffusion très grand public d’un guide de sensibilisation quant aux discriminations logement. Les professionnels de l’immobilier et bailleurs seront les premiers lecteurs de l’ouvrage…

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