Le Smart Parking : un moteur mobilité dans la ville intelligente

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Les parkings et autres stationnements en ville sont dans le viseur de la ville intelligente. Vecteurs de pollution, d'engorgement des cœurs de ville, les stationnements ont urgemment besoin d'être repensés dans un but de fluidification, d'optimisation et de préservation de l'environnement. Le Smart Parking à la rescousse dans la Smart City, un levier d'action majeur pour le développement de la ville durable.

Paradoxe et nécessité, la problématique du stationnement omniprésente dans la ville intelligente

 

Nécessaires évolutions liées au stationnement, vecteur de recettes pour les collectivités et paradoxes des usagers, le stationnement en ville soulève questions, débats et paradoxes.

Le stationnement, l'affaire des collectivités locales en France


Depuis 2018, les collectivités sont en charge du stationnement via la loi de modernisation de l'action publique de 2014. Elles doivent ainsi repenser le stationnement, basculant progressivement vers l'approche de la ville intelligente et pour cause… Le procès de verbal de stationnement a disparu depuis le 1er janvier 2018, remplacé par un FPS ou Forfait de Post-Stationnement. Les montants sont directement récoltés par les collectivités pour compenser les baisses de dotations de l'état. Les collectivités sont ensuite invitées à réinjecter cet argent dans les différents projets liés aux objectifs de la ville intelligente.


Mais pour bénéficier de ces recettes, les collectivités ont dû se mettre à niveau et repenser leurs équipements. Parc d'horodateurs et applications mobiles ont ainsi été mis au goût du jour

Le paradoxe de la mobilité dans la ville intelligente


On le sait, la voiture pollue. Alors oui, chaque fois que l'occasion se présente, il serait préférable de prendre un ticket de bus ou de pédaler quelques kilomètres pour aller d'un point A à un point B. Mais voilà, même si la prise de conscience est massive, les Français aiment encore beaucoup (trop ?) leurs voitures. Le véhicule personnel est aujourd'hui plébiscité par 72% des Français. Plus encore, 50% des Européens font usage de leur voiture pour leurs déplacements et ce, en ville comme à la campagne pour se rendre sur leur lieu de travail*.


Et même lorsque le réseau de transports en commun est développé, la tendance est identique. Les Français et plus largement les Européens n'aiment pas prendre bus et métro. Les horaires, l'affluence, la desserte qui n'est pas idéale, le prix, les correspondances nécessaires… définitivement, les particuliers sont mieux dans leur voiture personnelle. Pour certains, la solution pratique a été de passer à l'heure du scooter ou de la moto légère. Mais là encore, la pollution et la nécessité de se garer sont au rendez-vous. Un vrai paradoxe !

Limiter les besoins en stationnement, le casse-tête de la ville intelligente


La voiture individuelle n'est plus à la mode. Oui aux transports en commun et aux modes de déplacement doux, oui aux bus et tramways, oui au métros et vélos, oui au covoiturage et à l'autopartage, oui au stationnement raisonné et aux utilisations des véhicules maîtrisées. Bref, vous l'avez compris, moins il y a de voitures en ville, moins les besoins en places de parking et de stationnement sont importants. Et dans la ville intelligente, ces nouvelles et nécessaires tendances ont plusieurs avantages.

Une réorganisation de l'espace urbain dans la ville intelligente


Qui dit moins de voitures dit possibilité de réaménager la ville différemment. Alors que de plus en plus de citadins (mais pas encore assez) empruntent les transports en commun et ont choisi leur vélo ces dernières années, les pistes cyclables remplacent les places de parking, les trottoirs se font plus larges et les voies de bus et tramways plus végétalisées. La Smart City opère très progressivement une métamorphose en rendant l'espace public aux cyclistes, aux piétons et à l'environnement.


Suppression de stationnement oui, mais où les particuliers vont-ils se garer ? La France compterait non moins de 7 millions de places de stationnement libres dans les parkings souterrains de type parkings privés. "Aujourd’hui, dans les grandes villes d’Europe et d’Amérique du Nord, un automobiliste sur trois ou quatre recherche une place de stationnement. Or, dans les zones urbaines en Europe, il y a sept millions de places libres dans les parkings privés", affirme William Rosenfeld, PDG et co-fondateur de Zenpark.
 
Elles appartiennent à des particuliers, à des entreprises mais aussi à des hôtels et des bailleurs sociaux et restent inutilisées au quotidien. Lorsque l'on connaît la difficulté dans certaines villes et quartiers pour stationner, l'on se dit qu'il est tout de même dommage de ne pas exploiter cette mine d'or. Et certaines entreprises l'ont compris. C'est le cas de Yespark qui met la main sur ces espaces en parking souterrain. Société créée sous l'impulsion de Thibaut Chary et Charles Pfister en 2014, Yespark s'est imposée comme l'experte de la location longue durée de places de parking.

Son objectif ? Proposer un stationnement individuel et attitré près de chez eux aux automobilistes alors même que les places de parking se raréfient à la surface, dans les rues et ruelles des villes. Les deux fondateurs sont convaincus par les atouts du stationnement en sous-sol : "Il y a de multiples bénéfices à passer en souterrain : voitures plus sécurisées, moins de pollution visuelle et plus d’aménagements de l’espace public envisageables pour ne citer que les plus évidents". Plus que jamais, le stationnement est positionné comme une clé de la transition urbaine.


Avant d'être technologique, le Smart Parking pourrait donc être celui qui repense l'existant, qui optimise les ressources déjà présentes sans engager d'onéreux travaux. C'est le cas de ces parkings souterrains intelligents qui donnent un nouveau souffle aux infrastructures existantes. Plus de parking en plein air, les espaces aériens sont libérés et les espaces souterrains réquisitionnés et optimisés.

Moins de pollution dans la ville intelligente


Le pourcentage suivant paraît surréaliste : la recherche de stationnement représente 10% de la circulation urbaine. Un seul automobiliste passe 30 minutes par semaine en quête d'une place pour se garer d’après une étude Harris Interactive réalisée pour le compte d’Ector en 2017. Ainsi, selon une étude du CERTU (Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques), 60% de la pollution en ville est générée par les véhicules des automobilistes qui cherchent à se stationner. Repenser le stationnement semble donc absolument incontournable.

Désengorger la Smart City


En repensant le stationnement, il apparaît évident que les problèmes de congestion des villes, et des hypercentres surtout, seraient en partie résolus. À la clé, une meilleure qualité de vie pour les citadins qui vivent en cœur de ville. En effet, moins de voitures qui circulent est égal à moins de pollution et moins de bruits passifs.

Moins de places de stationnement dans la Smart City mais des systèmes plus intelligents


Mais alors, où allons-nous garer nos voitures dans quelques années ? Comment faire pour stationner si toutes les places de parking sont supprimées ? Les solutions souterraines seront-elles suffisantes ? Rassurez-vous, à moins de vouloir une ville sans voiture comme à Pontevedra, le Smart Parking est là pour répondre à vos besoins d'automobiliste citadin. Avantage, il est parfaitement intégré dans la politique environnementale de la ville intelligente.

Le Smart Parking ou le stationnement intelligent épaulé par les nouvelles technologies


Les nouvelles technologies sont un formidable levier lorsqu'il s'agit de réorganiser et d'optimiser l'offre de stationnement. Elles permettent de rendre l'existant plus visible et notamment en matière de stationnement souterrain. Un enjeu de taille qui a ouvert la voie à un nouveau marché, celui du Smart Parking. Pour faire simple, différents systèmes ont une même finalité : informer les usagers sur la disponibilité ou non de places de stationnement à proximité. Les automobilistes sont au courant en temps réel de l'état des parkings avoisinants.


Autre nouveauté, le paiement dématérialisé. Rendu possible via smartphone, ce dernier permet de payer son stationnement via un téléphone portable mais également de rallonger le temps initial par un simple clic. Un vrai avantage lorsque l'on connaît les inconvénients de courir pour ne pas dépasser de quelques minutes le temps de stationnement choisi au départ ! La ville de Nice utilise par exemple le système PayByPhone, téléchargeable sur les smartphones.

Un premier essai futuriste de Smart Parking en France et ailleurs


En 2017 le premier Smart Parking français a vu le jour. Le Smart Parking Camille-Desmoulin est un projet novateur mené par le groupe Indigo en collaboration avec OPnGO, Valeo et Cisco. Pour atteindre leurs objectifs, les entités ont intégré un grand nombre de capteurs vidéo, de bornes WiFi et de technologies fonctionnant grâce à l'intelligence artificielle. Et le résultat est bluffant : dans ce Smart Parking, les voitures peuvent se garer sans le concours de leur conducteur. Comment ? En pratique l'automobiliste sort de son véhicule et actionne les commandes du parking grâce à son smartphone. La voiture va ensuite se garer seule, autonome. Si le projet paraît un peu futuriste, c'est parce qu'il l'est. Impossible de garer tous les modèles de voitures dans ce Smart Parking. Les véhicules doivent en effet être équipés des dernières technologies en matière d'aide à la conduite à savoir la clé sécurisée, le système de parking automatique ou encore la télématique embarquée spécifique. Pour Serge Clémente, PDG d'Indigo, "Les véhicules autonomes sont encore trop peu nombreux. Et avant qu’ils se généralisent, la complexité viendra de la cohabitation avec les voitures traditionnelles".


Autre initiative menée il y a quelques années, celle de la Cité de Westminster. Ce district londonien a été équipé en 2014 de capteurs intelligents dans sa chaussée. Ce projet est né d'un constant : un automobiliste passe ici en moyenne 15 minutes à chercher une place pour se garer. Une éternité ! Avec l'initiative "Fair Parking Policy" présenté en 2012, les particuliers perdent désormais moins de temps pour se garer et le trafic est fluidifié. Au total, 3 500 capteurs ont été installés depuis 2014. Une nouvelle proposition est aujourd'hui d'actualité : utiliser une carte RFID en corrélation avec les détecteurs magnétiques de la chaussée pour réserver une place de stationnement handicapée.

Zoom sur les actuelles initiatives de Smart Parking


Nombreuses sont les start-ups qui révolutionnent nos manières de stationner dans la ville intelligente. À leur service, l'émergence d'applications dites de Smart Parking comme YesPark ou ParkingMap. Cette dernière est une entreprise française qui utilise un réseau de capteurs connectés disposés sur le mobilier urbain. Via leur application, les automobilistes consultent la disponibilité des stationnements à proximité.


Autre startup, EasyPark est une société suédoise qui a mis en place un système prédictif. Comment ça marche ? Les usagers sont dirigés via une application vers les places de parking disponibles dans les alentours. Pour cela, il est simplement nécessaire d'indiquer son lieu de destination dans l'application avant de débuter son trajet.


Des solutions de plus en plus nombreuses qui en plus de fluidifier le trafic font gagner du temps aux automobilistes. Si les effets ne sont pas encore notables dans la Smart City, des études tendent à démontrer que dans quelques années, la généralisation de ce type d'usages, devrait également mener à une réduction de la pollution dans les villes intelligentes.

Du parking classique au Smart Parking


Le Smart Parking Camille-Desmoulin est une exception qui, pour l'heure, ne peut pas se généraliser. Impossible d'équiper tous les usagers de véhicules autonomes ! C'est pourquoi, d'autres sociétés proposent des solutions innovantes pour transformer de classiques parkings en Smart Parking. Et ces solutions font déjà des adeptes partout dans le monde. Pour y parvenir, les acteurs de ce marché utilisent le très renommé principe de l'ubérisation.


C'est le cas du déjà cité EasyPark et sa solution prédictive "Find & Pay". L'automobiliste est tout simplement guidé vers une place de parking disponible. Actuellement, EasyPark est présent dans 10 pays européens avec un parc d'un million de places de stationnement.

Étude de cas : Indigo repense le parking, les objectifs de la Smart City en trame de fond


Le groupe français Indigo se positionne comme un pionnier en matière de Smart Parking. Il a présenté une plateforme entièrement dédiée à la transformation des stationnements existants, portant le parking au rang d'élément clé dans la construction de la ville intelligente.


Accompagné de l'architecte Dominique Perrault, Indigo a donc livré une vision claire du "parking du futur". "Cette collaboration avec DPA vient enrichir toute notre dynamique d’évolution en profondeur des parkings actuels, vers de nouvelles fonctionnalités. Elle va permettre de montrer que le Parking de demain sera ouvert sur son environnement, au cœur des enjeux de mobilité et de services de la Smart city du futur", explique Serge Clémente dans un communiqué.


Pour lui, le parking est un espace qui doit être capable de mutation mais seul le passage d'une "infrastructure" à une "architecture" peut rendre cela possible. Concrètement, Indigo propose un concept de "Groundscape", traduit par '"sol" et "paysage". Pour le mener à bien, quatre scénarios peuvent être envisagés, complémentaires :


• Le "Parking réaménagé" situé dans les cœurs de ville denses. 
• La "Place Épaisse", modèle de place publique qui intègre des équipements dans le sol et réduit drastiquement l'emprise visuelle du projet.
• L’"Avenue Épaisse" qui est "une infrastructure de voirie multiniveaux, déroulée sous les axes de circulation principaux des métropoles, avec un premier niveau inférieur accueillant une variété de services de mobilité (dépose de passagers, prise en charge de véhicules, livraisons, logistique, connexions avec les transports publics et les bâtiments voisins…)"
• Le "Sol épais" qui intègre des services et des équipements entre et sous les constructions pour libérer les espaces dans les rues.


Les réflexions sont en cours pour faire de la problématique "stationnement" un véritable atout de la ville intelligente.


Avez-vous déjà expérimenté certaines solutions de Smart Parking ? Lesquelles ?


*Troisième Observatoire des mobilités émergentes - cabinet d'étude Chronos et l'Observatoire société et consommation (ObSoCo) - 2018

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