Métro à Paris : la difficile conquête de la 3G et de la 4G

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Si la RATP fait partie des premiers réseaux au monde à avoir adopté la 2G dès 2000, pour la couverture du réseau en 3G/4G, la RATP est à la traîne. 5 ans de report… D'année en année, depuis 2012 date du lancement du projet, son déploiement final a été repoussé. La dernière échéance a été fixée pour fin 2019. La RATP pourra-t-elle respecter cette nouvelle échéance ? Les Jeux Olympiques organisés à Paris en 2024 provoqueront-ils le déclic dont Paris semble avoir besoin pour devenir une Smart City hyper connectée ? 

Des retards justifiés par la complexité technique

 
« On est sur un réseau historique, c'est compliqué », affirmait la présidente Catherine Guillouard, arrivée à l’été 2017 à la direction de la RATP. La complexité technique, c’est l’argument avancé à chaque report par la RATP pour justifier de son retard. Plusieurs raisons techniques sont évoquées. La première, le problème d’espace. L’espace est rare, les locaux techniques où sont installées, entre autres, les infrastructures cellulaires (antennes, câbles, répartiteurs, multiplexeurs), sont exigus, mal climatisés. Ensuite, vient l’obligation de travailler la nuit. Pour éviter la gêne du trafic, pour respecter la sécurité des personnes, les équipes sont contraintes de travailler quand le réseau est à l’arrêt. Ce qui réduit l’amplitude du temps d’intervention des équipes.
 
Autre raison « technique » évoquée à maintes reprises et rappelée par Catherine Guillouard « On fait travailler quatre opérateurs ». Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free sont en effet impliqués dans ce projet nécessitant davantage de concertation. À souligner également qu’au départ, les opérateurs ont dû livrer une bataille commerciale avec la RATP, trop gourmande en redevances. Au niveau de la RATP, la complexité de niveaux de décision oblige Michel Cordival, Directeur des systèmes d’information (DSI) et des communications, porteur du projet depuis 2017, à faire avec. Entre Telcité, maître d’oeuvre, filiale de la RATP, spécialisée dans les infrastructures et l'ingénierie télécoms, la présidence du groupe et les différentes directions concernées, les interlocuteurs sont multiples.

Un déploiement qui s'accélère depuis quelques mois : l’échéance 2019 sera-t-elle tenue ?

 
Selon la présidente de la RATP, depuis quelques mois, le rythme du déploiement de la 3G/4G s’est accéléré. Fin mars 2018, 47 % du métro parisien était couvert par la 3G/4G, un peu moins de la moitié des stations. « Quand je suis arrivée l'été dernier, seules une vingtaine de stations souterraines étaient équipées », rappelait Catherine Guillouard. « Aujourd'hui on en est à 90 et on a bon espoir de continuer sur ce rythme-là ». 170 stations sont couvertes aujourd'hui sur les 365 du réseau actuel. En plus du réseau de surface, la ligne 1 du métro ainsi que les lignes A et B du RER sont en grande partie couvertes. La RATP est en lien avec les opérateurs et l’Arcep pour tenir le calendrier. Mais les prévisions parlent de fin 2019 voire 2020. La conquête est difficile.

Des problèmes techniques qui auraient pu être anticipés ?

 
Les problèmes techniques étaient pourtant connus puisqu’ils existaient déjà lors du déploiement de la 2G. Mais il faut reconnaître que le réseau parisien est ancien. Les contraintes sont plus fortes avec un nombre de lignes important. La problématique de Paris est identique à celle d'autres grandes métropoles comme New York, Madrid, Moscou ou Londres : les défis techniques ne sont pas simples à résoudre.
 
Pour des villes comme Tokyo, Séoul, Hong Kong dans lesquelles les métros sont plus modernes, le travail est beaucoup plus facile. Des solutions techniques sont avancées comme celle de Stéphane Lelux, président-fondateur du cabinet Tactis, spécialisé dans les infrastructures télécoms et les territoires intelligents qui propose de « mutualiser plutôt les équipements actifs plutôt que les équipements passifs » et d’« avoir un opérateur neutre ».
 
L'accès depuis son smartphone à internet et à ses applications en 3G et 4G est indispensable aujourd'hui, tant les usagers, que le Gouvernement et l'Arcep font pression. De plus, Paris organise en 2024 les Jeux Olympiques. En termes d'image, cela est important pour la capitale. Cet évènement apporte un « coup de pouce ». Il pourrait favoriser le développement de la « Smart City » souhaitée par la maire de Paris, Anne Hidalgo. En attendant, pour connaître la couverture réseau des stations de métro parisiennes, opérateur par opérateur, un outil cartographique a été mis en ligne par l'Arcep.
 
Et dans votre ville, la 3G et 4G sont-elles déjà opérationnelles dans votre métro ?
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