Airbnb à New York : le géant mécontent

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Les plateformes de sites d'hébergement pour les locations de courte durée sont dans le viseur des grandes villes touristiques. L'arrêté municipal signé le 6 août par le maire de New York, Bill de Blasio en est une preuve supplémentaire. Le géant du secteur Airbnb, particulièrement ciblé, a vivement réagi en portant plainte pour « abus de pouvoir ». La bataille est lancée. Quels sont les enjeux de cette levée de boucliers ?

Airbnb, un géant de la location de courte durée devenu gênant

 
Depuis son lancement en 2008, Airbnb est devenu la plateforme incontournable de la location de logements entre particuliers, implantée en 2017 dans 190 pays, 65 000 villes du monde avec 3 millions de logements proposés et 150 millions d'utilisateurs. Les chiffres sont impressionnants. Au départ, une offre d'hébergement originale « une chambre chez l'habitant » lui a permis de se différencier du secteur hôtelier traditionnel et en a fait le succès.
 
Mais cette success story rapide dérange et déstabilise le secteur hôtelier international et le marché immobilier. Les organisations professionnelles de l'hôtellerie dénoncent une concurrence déloyale. Pourquoi ? Parce qu'Airbnb est un mode d'hébergement alternatif avec des prix bas impossibles à concurrencer. Cela oblige le secteur à faire évoluer son offre tant au niveau de la qualité que des prix. D'autant plus qu'Airbnb sait s'adapter aux habitudes de consommation « locales », développe des services complémentaires comme la location de bicyclettes ou encore propose des logements originaux comme une péniche à Amsterdam. Des prestations masquées sous les termes d'accueil, d'échange et de partage qui empiètent largement sur le secteur touristique.  Pour les municipalités, c'est une inquiétude en matière d'aménagement du territoire. Les hypercentres sont vidés de leurs habitants, les particuliers « loueurs » profitant de l'aubaine d'une rente touristique. L'offre pour les résidents locaux permanents se voit restreinte et les prix de l'immobilier grimpent.

Airbnb, le géant mécontent de l'arrêté new-yorkais, riposte

 
Les représentants du secteur hôtelier et les municipalités veulent mieux encadrer l'activité d'Airbnb parce qu'il est « le site » de référence, le géant, mais ce sont tous les sites d'hébergement de courte durée qui sont concernés. L'arrêté municipal, signé le 6 août par Bill de Blasio, oblige le géant Airbnb à communiquer à la mairie la liste les transactions effectuées pour des logements à New York sous peine d'une amende de   1500 dollars pour toute annonce non divulguée. Les textes de l'État de New York interdisent de louer un logement pour moins de 30 jours sauf si l'hôte est présent. Cet arrêté, censé prendre effet le 2 février 2019, devrait faciliter le contrôle de cette règle.
 
Pour le géant Airbnb, c'est « un abus de pouvoir », contraire à la Constitution. Une plainte a été déposée le 24 août. En effet, la mairie lui demande de communiquer des données privées pour lesquelles il s'est engagé à ne pas les diffuser et rien n'est prévu pour la protection de ces données, une fois communiquées. Et le géant Airbnb d'accuser le maire de New York d'avoir cédé au lobby hôtelier. Airbnb espère de la justice l'interdiction d'appliquer cet arrêté. Mais New York n'a pas l'air de vouloir aller dans ce sens. Un « abus de pouvoir » pour les uns, « un maintien du parc de logements et une garantie de sécurité » pour les autres. Qui va gagner la bataille de New York ?
 
New York est l'une des grandes capitales mondiales du tourisme. Airbnb compte 50 000 annonces dans la « Big Apple ». Sa crainte n'est-elle pas que d'autres grandes villes suivent ? A Paris, le montant des amendes pour défaut de numéro d'enregistrement sur les annonces de location augmente considérablement depuis le début de l'année. La loi Elan (Evolution du Logement et Aménagement Numérique) prévoit le renforcement des sanctions. Et ce ne sont pas les seules villes qui ont déjà imposé des règles. La brèche est ouverte. Un accord reste à définir avec ces plateformes pour que chacun y trouve son compte.
 
Pour ou contre la réglementation et le contrôle des locations touristiques ? Votre avis nous intéresse. :-)
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