3 ans de prison ferme requis contre un marchand de sommeil parisien

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Alors que la lutte contre le logement insalubre et la location illégale s’intensifie chaque année davantage en France, trois ans de prison ferme ont récemment été requis contre un marchand de sommeil parisien. L’homme de 46 ans est propriétaire d’appartements et d’hôtels à Saint-Denis. Il louait illégalement, et dans des conditions déplorables, ses logements.

Abdelhakim Belkacemi, le marchand de sommeil aux 11 infractions


On le surnomme le « parrain de Kabylie ». Abdelhakim Belkacemi est de ceux que l’on appelle aujourd’hui les marchands de sommeil. Démasqué en novembre 2015, il avait été condamné à un an de prison ferme pour 11 infractions survenues entre 2006 et 2009. Fin juin, trois ans de prison ferme ont été requis par le tribunal correctionnel de Bobigny. On lui reproche notamment de ne pas avoir fermé ses hôtels sous le sceau d’arrêtés de fermeture ou d’insalubrité.

Des logements insalubres et dangereux loués


Plus encore, il a fait fi du « risque immédiat de mort ou de blessures dû à des risques d'incendie ou de chocs électriques » en louant certains logements à 13 locataires. Parmi ceux-ci, trois mères célibataires témoignent de conditions de vie « inhumaines » dans l’hôtel du Montagnard, propriété de M. Abdelhakim Belkacemi. Elles font notamment état de chambre d’à peine 10m² louées au prix fort : 750 euros par mois. Une fortune pour ces pièces sans fenêtres, sans eau courante et qui obligeaient les locataires à se laver « avec l’eau des toilettes ». Le bâtiment était également la cible de nombreux voleurs en l’absence de tout dispositif de sécurité.


Les trois femmes, Anita Wang, Assa Traoré et Fidami Belako demandent aujourd’hui entre 20 et 30 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice physique et moral.

750 000 euros détournés par le marchand de sommeil


Abdelhakim Belkacemi fait également l’objet d’une procédure pour détournement de fonds réservés à l’hébergement d’urgence. Le département de la Seine-Saint-Denis lui a en effet versé 750 000 euros au cours de ces années pour entretenir les logements et les proposer à la location dans des conditions décentes. Mais le marchand de sommeil a préféré louer ces surfaces insalubres pour 100 euros le mètre carré pour s’enrichir illégalement, profitant de la « misère humaine » a rappelé Rémi Chaise, procureur de la 15ème chambre. Au cours du jugement, l’homme de loi a multiplié des qualificatifs sans appel contre Abdelhakim Belkacemi. Il a notamment fait mention d’« esclavagiste », de « malfaiteur chevronné » et de « délinquant financier ».  

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