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La Low City prend ses distances avec la Smart City

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Le modèle de la Smart City évolue. Longtemps prônée comme un concept phare de la ville de demain, la ville intelligente a effectué ces derniers temps quelques virages à 360°. La cité d’avenir, celle qui fait rêver, n’est plus celle qui est bardée de nouvelles technologies pour avancer mais bien celle qui sait fait preuve de sobriété et d’efficacité. La Low City ou ville sobre s’impose comme une option majeure pour vaincre la consommation de ressources irraisonnée dans les villes du monde entier. Moins de solutions technologiques, plus de solutions logiques et adaptées aux besoins des territoires et de leurs habitants, zoom sur la Low City et son fonctionnement.

Comment maîtriser les ressources dans la Low City ?

La Smart City s’est très longtemps occupée de ses avancées technologiques et de sa modernité. Si la ville verte était en partie intégrée en trame de fond dans le développement de la ville intelligente, la préoccupation n’était pas assez prégnante. La Smart City devait absolument mettre l’accent sur ses ressources et leur consommation pour les maîtriser, pour les adapter aux besoins de ses habitants mais aussi et surtout pour les préserver. La vérité est enfin acceptée : les ressources fournies par notre planète ne sont pas inépuisables et nous ne pouvons en disposer de manière irraisonnée.


C’est pourquoi une transition a commencé à s’opérer entre la traditionnelle Smart City et la désormais plus populaire Low City. Cette volonté de transitionner a notamment été marquée par les pistes évoquées par l’association négaWatt préconisant la sobriété, l’utilisation des énergies et des matériaux renouvelables ainsi que l’efficacité. Ce triptyque est bien plus qu’une simple ligne de conduite, il s’agit d’un indispensable à suivre pour ne pas altérer encore davantage notre environnement citadin et au-delà.


Mais la sobriété semble avoir grand mal à venir caractériser les villes intelligentes de France et plus largement du monde. Il s’agit pourtant d’un pilier, du pilier qui rendra possible cette grande transition énergétique déjà évoquée. Elle doit pour cela être intégrée dans le quotidien de chacun mais également dans les politiques publiques menées sur chaque territoire. Les acteurs du secteur restent pour l’heure négatifs voire cyniques quant à cette prise en compte. C’est le cas de Pablo Servigne, collapsologue et signataire de l’introduction du recueil « Le Choix des sobriétés » (février 2021 – éditions de l’Atelier) : « Notre société fait la fête depuis des décennies, une fête qui a généré une consommation de ressources hallucinante, inversement proportionnelle à notre sens des responsabilités. »

La sobriété souffre-t-elle d’une mauvaise image dans la Smart City ?

C’est ici, très certainement, que les ambiguïtés apparaissent. Pourquoi, malgré la nécessitmoé, les grandes lignes politiques locales et nationales ont tant de mal à l’adopter, cette sobriété ? Pour certains, elle fait peur et souffre d’une image négative qui ne « vend pas » dans les programmes des décideurs. Ainsi, dans l’ouvrage précité, Jean-Baptiste de Foucauld, ex-commissaire du Plan affirme que « le problème principal réside dans ce fait que la sobriété apparaît comme une offense, voire une injure, pour celles et ceux qui la vivent à leur détriment sous la forme de la pauvreté et n’ont qu’une idée : s’en échapper au plus vite »


Pour autant, il n’est pas fermé quant à une possible évolution de cette vision tronquée. Peut-être qu’une fois son côté punitif et ascétique gommé, la sobriété pourrait devenir « une nouvelle étape dans le développement humain. »


C’est évidemment ce dont sont intimement convaincus les défenseurs de la Low City et plus largement des low tech, concept mis en avant par Philippe Bihouix. Pour Yvan Camuset, coordonnateur pédagogique de la Low Teck Skol, « cela signifie utiliser des objets et avoir recours à des pratiques anciennes qui répondent à nos besoins d’aujourd’hui ». Yvan Camuset s’est même donné pour mission d’enseigner à ses étudiants comment et pourquoi il est conseillé de se simplifier la vie.

Quelle place pour le progrès dans la Low City ?

Rapprochons la sobriété de la frugalité volontaire et voilà la notion de progrès en train de s’envoler. Et pourtant, les deux concepts ne sont pas si diamétralement opposés. Les nouvelles technologies notamment peuvent servir efficacement la sobriété dans la Smart City « La low tech, c’est parfois de l’hyper-technologie au service de la sobriété, précise Didier Jau, maire [EELV] du 4e et du 5e arrondissement de Marseille [868 300 hab.]. Mais n’oublions pas que le plus souvent, grâce à la simplicité, on résout des problèmes complexes. »


L’idée première est tout simplement que la technologie soit remise à sa place véritable, elle n’est pas une fin en soi mais bien un moyen de parvenir à son dessein.


C’est ainsi qu’à l’image de la ville sobre, la low tech doit elle aussi être logiquement utilisée. Dans la Smart City, « Des livraisons par drone pour aller plus vite qu’à vélo, ça n’a pas beaucoup de sens », relève Florian Laboulais, chargé de mission au sein du Labo de l’économie sociale et solidaire.


Ce principe est également applicable dans le cadre de la mobilité électrique dite mobilité verte ou propre. Si ce changement est évidemment l’une des meilleures options pour cheminer vers la décarbonisation du secteur des transports, un simple changement de motorisation ne sera très certainement pas suffisant. La réflexion doit être plus profonde et adaptée aux vrais besoins et enjeux, à commencer par la conception de véhicules plus légers.

La sobriété dans la Smart City oui mais attention à la surconsommation

Avez-vous remarqué que lorsque l’on réalise des économies dans un domaine, l’on a tendance à consommer davantage dans un autre, sans vraiment s’en rendre compte et sans même en avoir conscience. « La sobriété, ce n’est pas simplement consommer moins, c’est aussi consommer mieux », explique Barbara Nicoloso, coordinatrice de l’association Virage énergie. Une association qui a pour vertueux objectif d’accompagner les collectivités dans la mise en place et le déploiement efficace de leurs stratégies territoriales. Dans cet accompagnement personnalisé, la professionnelle attire l’attention sur l’effet rebond, cet effet qui consiste à sur-consommer lorsque l’on gagne en efficacité et cela avec l’idée de progrès en tête. Alors non, dans un programme immobilier neuf peu énergivore et bien isolé, on n’augmente pas la température de quelques degrés sous prétexte que le bien consomme peu.


Et pour ne pas tomber dans ces travers, « on a besoin, dans les collectivités, d’indicateurs de suivi du sentiment de bien-être, et c’est assez nouveau. Mener une politique de sobriété, ça coûte moins cher, mais ça demande plus de temps », affirme Barbara Nicoloso.

La métropole de Lyon s’engage dans les démarches de la Low City

Longtemps présentée comme une Smart City à part entière, la capitale des Gaules est aujourd’hui un exemple très parlant d’une politique menée axée sur la sobriété. La métropole de Lyon compte actuellement 59 communes et 1,4 million d’habitants. Et pour Emeline Baume, première vice-présidente « La smart city, c’est fini. Que GRDF ou Enedis veuillent la construire dans une démarche d’efficacité, je ne suis pas contre. Mais nous n’y mettrons plus d’argent public. » Pour elle, les activités productives sont largement préférables au concept d’attractivité.


Pour faire simple, une Low City doit avant tout donner du sens à son activité en lieu et place de toujours vouloir être en tête des avancées technologiques. Cette quête de sens appelle même parfois le recours à des techniques qui ont fait leurs preuves, bien que plus anciennes et logiquement moins novatrices. « Le numérique est un outil. Un artisan a par exemple besoin d’être présent sur les réseaux sociaux ou de gérer son stock intelligemment. Il n’est pas obligé d’avoir un process de production entièrement digitalisé. » expose encore Emeline Baume.


Vous l’avez compris, la sobriété passe avant tout par la logique et par l’analyse des besoins. La Low City met au cœur de ses préoccupations l’utilisation raisonnée de ses ressources pour perdurer dans le temps et ne pas briller un temps seulement.

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