L'agriculture urbaine pour une ville intelligente plus smart

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L’urbanisation galope, les citadins sont de plus en plus nombreux et la tendance ne semble pas vouloir s’inverser bien au contraire. Conséquence de cette urbanisation intensive et d’une population urbaine montante, l’insécurité alimentaire. Si ce risque semble encore aujourd’hui éloigné de nos esprits, il est pourtant réel, véritable enjeu de la ville intelligente de demain : comment nourrir ses habitants, de manière durable et respectueuse de l’environnement. Ces problématiques entrainent depuis quelques années l’émergence d’intéressantes alternatives. Parmi celles qui se frayent une place de choix dans les solutions adaptées et adoptées par la Smart City, l’agriculture urbaine. Des micro-fermes aux potagers urbains, les réponses sont concrètes, nourrissant et verdissant nos villes. L’agriculture urbaine peut-elle assurer le futur smart de la ville intelligente ? Éléments de réponse.

Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ?

L'agriculture urbaine est un terme à la mode qui revêt bien des significations. Mais la définition de l'agriculture urbaine la plus simple serait sans doute l'implantation d'une agriculture raisonnée dans la ville intelligente en fonction des ressources disponibles. Et ça marche ! Il est quasiment impossible de traverser une Smart City sans remarquer les potagers, les jardins partagés, les toitures végétalisées et cultivées qui prennent place en milieu urbain. De Paris à Berlin en passant par Casablanca et Melbourne, la présence de l'agriculture se fait plus intense.


Et les réalisations prennent de nombreuses formes en matière d'agriculture urbaine. Les jardins sur les toits sont certainement l'une des plus connues avec en parfaite illustration "sous les fraises", le projet mené sur les toits des Galeries Lafayette à Paris. La nouvelle partie de la Gare du Nord intègrera quant à elle un immense toit transparent, véritable serre favorable aux espaces paysagers et à la végétalisation.


Autre destination, Bruxelles et son projet Permafungi dont l'idée est de produire des champignons, des pleurotes plus précisément sous les immeubles de la ville. Vous pouvez également découvrir la ferme ECF installée à Berlin qui se repose sur un système aquaponique capable de coupler la production de légumes et la pisciculture dans le plus grand respect de l'environnement.


L'agriculture urbaine s'invite partout, à plus ou moins grande échelle. Peu généralisée il y a quelques années, elle a désormais franchi la porte des habitations des citadins. Ils sont nombreux aujourd'hui à planter sur leur balcon quelques tomates, quelques fraises, des herbes aromatiques… cultivant cette envie de mettre les mains dans la terre et de profiter de produits frais.

Comment l’agriculture urbaine fait changer la ville intelligente ?

Avec l’agriculture urbaine, c’est un changement structurel qui s’opère dans la ville intelligente, c’est l’ADN même de la ville qui est bouleversé en profondeur. Avec elle, l’idée de vivre autrement, d’innover pour répondre aux besoins de sécurité alimentaire des populations urbaines. Les ressources foncières de la Smart City ne sont plus utilisées à des seules fins d’urbanisation mais bien pour créer une ville plus résiliente, plus autonome, plus indépendante, plus autosuffisante, plus viable sur le long terme en définitive. L’agriculture urbaine lutte ainsi contre deux phénomènes majeurs, l’étalement urbain ou encore l’urbanisation intensive et l’insécurité alimentaire.


Il semble donc indispensable d'intégrer l'agriculture urbaine dans le plan de développement et d'aménagement des villes intelligentes.

Comment l'agriculture urbaine réconcilie les citadins et la nature ?

Il ne faut pas réfléchir très longtemps pour se rendre compte que l'agriculture urbaine est un véritable vecteur de bien-être dans le quotidien des citadins. Si smart soit-elle, que manque-t-il aux citadins pour être parfaitement apaisés dans leur ville intelligente ? La nature ! Cette nature qui constitue nos racines a pourtant été oubliée depuis quelques années, au profit d'un étalement urbain intensif, d'une urbanisation souvent déraisonnable. Mais prise de conscience oblige, les espaces verts sont remis à l'honneur et les projets d'agriculture urbaine voient le jour dans de nombreuses grandes villes du globe.

À vitesse grand V, les potagers urbains fleurissent au sol comme sur les toits, pour le plus grand bonheur des habitants qui se sentent ici plus apaisés, plus tranquilles, réconciliés avec leur ville qui leur offre enfin cette possibilité de ressentir une certaine sécurité alimentaire, de bénéficier de circuits-courts et sains et de préserver l'environnement. La nature vectrice de bien-être donc mais également de sécurité et d'indépendance. Et les bienfaits des contacts entre humain et nature ne sont plus à démontrer. Il est en effet prouvé que la nature a des impacts positifs sur la santé comme la réduction du stress, un système immunitaire plus fort… Ces oasis vertes ont donc beaucoup à apporter au sein de notre quotidien minéral.

L'agriculture urbaine pour préserver l'environnement mais pas seulement

Plus le nombre de citadins augmente, plus il faut les nourrir, c'est mathématique. Lorsque les villes intelligentes disposent de leurs propres denrées en leur cœur, ce sont de nouvelles possibilités qui sont créées, celles de nourrir la population (en partie du moins), sans avoir recours à des circuits longs, polluants et coûteux. L'agriculture urbaine participe en ce sens à la préservation de l'environnement et prend part de manière vertueuse au développement de l'économie circulaire notamment via la réutilisation des déchets produits dans et par la ville.


Et les avantages de l'agriculture urbaine vont bien au-delà de la production. Installer des fermes urbaines permet de recréer des espaces verts et de rendre à la ville sa biodiversité. Un exemple concret ? Un potager urbain de quelques m² voit nicher des dizaines d'espèces d'insectes et d'oiseaux qui avaient délaissé la ville mais également des milliards d'organismes dans les sols.


Enfin le retour de la nature en ville par le biais de l'agriculture urbaine présente l'avantage de rendre les villes plus vivables, plus agréables. Alors que les températures ne cessent de grimper en été, plus encore dans les zones bétonnées (dans les villes donc), les fermes urbaines, les toits cultivés et végétalisés permettent de lutter contre les îlots de chaleur en créant des îlots de fraîcheur. Les toits noirs qui captent la chaleur sont remplacés par des toits verts et humides. En 2001, une étude orchestrée à Toronto a mis en avant une diminution de la température de 1 à 2°C dans la ville sur la base d'une végétalisation de 6% des toits.

L'agriculture urbaine à travers le monde dans la Smart City

Fortes de ce constat, les villes intelligentes passent progressivement et rapidement à l'heure de l'agriculture urbaine. Après des phases d'analyse, viennent des phases opérationnelles. Avec elles, des projets naissent aux quatre coins du monde, sur tous les continents. Modèle de ce développement, le Canada. Le pays fait aujourd'hui office de modèle à suivre en matière d'agriculture urbaine, il est considéré comme le laboratoire international de la pratique. Dans ses villes intelligentes, l'agriculture urbaine est partout et ne cesse de croître. L'accent est plus particulièrement mis sur la Recherche et le Développement au Canada mais aussi et surtout sur la création de fermes urbaines inclusives et positivement impactantes. Prenons pour exemple Montréal qui a créé des parcours ludiques et attractifs sur les toits de ses bâtiments. Ces parcours végétalisés ont pour objectif de promouvoir un tourisme durable et responsable tout en donnant des idées à emporter et à adopter partout dans le monde.


Et le Canada n'est évidemment pas le seul pays à se positionner en faveur de l'agriculture urbaine. Direction l'Australie qui souhaite la généraliser dans ses Smart Cities. À Melbourne par exemple, l'on découvre de vastes fermes verticales se reposant sur les immeubles, les cafés, les restaurants mais aussi les écoles et les bureaux. Un formidable moyen d'impliquer les citadins dans cette consommation d'un nouveau genre, 100% locale. Pour sensibiliser les habitants à l'importance de l'agriculture urbaine et pour en encourager le développement, des ateliers participatifs sont organisés dans la ville. Un bon moyen également de nouer des liens sociaux en prenant comme socle l'agriculture urbaine. Nous y reviendrons dans la suite de cet article.


L'Afrique est elle aussi consciente du potentiel et de la nécessité de l'agriculture urbaine. Si toutes les grandes villes n'y sont pas encore sensibles et sensibilisées, certaines portent leurs convictions. À Casablanca (Maroc) par exemple, l'association Le Toit en Vert prône l'installation de fermes urbaines sur les toits mais également sur les balcons des habitations de la ville. D'autres micro-projets sont en pourparlers à Fès-Meknès notamment.


Ce partiel tour du monde nous ramène évidemment en France, pays dans lequel les projets d'agriculture urbaine sont nombreux. En plus de conduire à la sécurité alimentaire, ils sont porteurs de différents objectifs comme la protection de la biodiversité et la réduction de l'empreinte carbone des villes. Sans grande surprise, Paris est l'une des villes intelligentes les plus actives en matière d'agriculture urbaine. Impossible de passer à côté de la construction de l'immense ferme urbaine Paris Expo qui veut amener une production plus responsable et très largement ouverte aux Parisiens.

Comment l'agriculture urbaine est rendue possible dans la ville intelligente ?

L'agriculture urbaine dans la ville intelligente repose sur la culture hors-sol aussi appelée agriculture hydroponique. Ce type d'agriculture a l'avantage d'être totalement adaptable en milieu urbain et de venir compléter les cultures en sol. Autres atouts, les économies en eau réalisées par le biais des circuits fermés ainsi que la préservation des valeurs nutritives des produits cultivés.


Les nouvelles technologies ne sont pas étrangères dans le développement de l'agriculture urbaine et plus largement dans l'efficience du cycle productif. Elles permettent en effet une meilleure connexion de la production et, par répercussion, une plus grande traçabilité des denrées. Un vrai plus pour le consommateur. Les nouvelles technologies se font également garantes de l'exploitation optimale des récoltes en circuit-court. Par ce biais, les villes intelligentes deviennent plus humaines, plus vivables pour tous.


Mais attention, l'agriculture urbaine n'est pas le remède à tous les maux. Même si les projets se développent partout dans le monde, ces récoltes ne seront jamais suffisantes pour nourrir l'intégralité de la population urbaine. Au-delà de ces circuits ultra-courts, il apparaît donc indispensable de resserrer les liens (voire de les tisser) avec le monde rural de proximité. Seule cette alternance d'agriculture urbaine et de relations avec le rural et ses productions peut garantir l'équilibre dans la ville intelligente.

L'agriculture urbaine, vectrice de lien social dans la ville intelligente

Derrière les multiples avantages environnementaux et alimentaires de l'agriculture urbaine, il est un atout que l'on cite moins, celui du lien social. L'agriculture urbaine peut en effet être un moyen de tisser du lien dans ces villes intelligentes parfois impersonnelles.


En effet, les projets d'agriculture urbaine suivent des modèles économiques différents. Il peut s'agir d'une gestion 100% communautaire, d'une volonté d'une entreprise, d'une impulsion des élus locaux ou encore d'une mise en place de fermes productives… Mais dans tous les cas ou presque, le lien humain est là, que cela soit pour la réalisation du projet, pour la culture quotidienne ou lors de la récolte. Les consommateurs sont également très souvent impliqués dans la phase de production et de récolte. Émergent alors des nouveaux modèles à la fois participatifs et pédagogiques, offrant la possibilité d'échanger, de discuter, de créer, de diffuser ses idéaux… de créer du lien social en somme.


Les citadins se donnent rendez-vous sur leurs toits et dans leurs jardins. Ce rythme n'est pas sans rappeler celui d'un temps qui n'est plus, celui des récoltes au fil des saisons, ensemble, dans les champs. Créer des jardins et des potagers dans la ville intelligente permet très souvent de mener ensemble un projet commun, de développer une communauté autour de quelques semis et récoltes. Le jardinage est un langage universel capable de nourrir le corps, l'esprit et l'âme. Il a donc tout intérêt à prendre forme dans nos cités, participant à rapprocher les voisins tout en permettant la consommation de produits frais et locaux. Tout le monde y gagne !


Avez-vous connaissance de projets d'agriculture urbaine dans votre ville ? Savez-vous que de nombreux programmes immobiliers neufs en France intègrent des jardins et potagers partagés pour répondre à la demande des citadins ? Découvrez les réalisations du genre en consultant notre catalogue de logements neufs en quelques clics.

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