Après plusieurs années difficiles, la construction neuve envoie quelques signaux encourageants en 2026. Si le nombre de permis de construire reste inférieur aux standards des dernières années, les mises en chantier accélèrent franchement : sur les huit premiers mois de 2026, leur rythme mensuel moyen dépasse de 21,2 % celui de 2025. Une amélioration qui ne se répartit toutefois pas uniformément sur le territoire. De la Gironde à la Haute-Garonne, de l'Ille-et-Vilaine aux Hauts-de-Seine, certains départements continuent de concentrer une part importante de la production de logements neufs et plusieurs enregistrent même des rebonds spectaculaires. Alors, où la construction neuve est-elle aujourd'hui la plus dynamique en France ?
Construction neuve en 2026 : les chantiers commencent à reprendre de la vitesse
Le marché de l'immobilier neuf n'a pas encore retrouvé ses volumes d'avant-crise, mais les données publiées à la rentrée 2026 montrent une évolution particulièrement intéressante : les logements commencent davantage à sortir de terre. En août 2026, 27 663 logements ont été mis en chantier en France, soit une progression de 4,1 % par rapport à juillet. Cette hausse fait suite à des augmentations de 5,8 % en juillet et de 1,8 % en juin, selon les dernières estimations du Service des données et études statistiques (SDES).
Plus révélateur encore : sur les huit premiers mois de l'année, le rythme mensuel moyen des mises en chantier est supérieur de 21,2 % à celui observé sur l'ensemble de l'année 2025. La reprise reste donc à consolider, mais la tendance des chantiers est nettement positive.
Sur douze mois, entre septembre 2025 et août 2026, 300 244 logements ont été mis en chantier. Ce total demeure 9,5 % inférieur à la moyenne des cinq années précédentes, rappelant que le point de départ reste bas.
La situation de la construction neuve en France pourrait ainsi se résumer en deux temps : les volumes restent réduits, mais la mécanique des chantiers s'est remise en mouvement dans de nombreux territoires.
Permis de construire : près de 370 000 logements autorisés en un an
En amont d'un chantier se trouve généralement un autre indicateur essentiel : l'autorisation de construire. En août 2026, 29 749 logements ont été autorisés, en très léger recul de 1,1 % sur un mois. Entre septembre 2025 et août 2026, 369 723 logements ont obtenu une autorisation de construction.
Le volume demeure inférieur de 9,7 % à la moyenne des cinq années précédentes, mais un autre chiffre invite à nuancer la lecture : sur les huit premiers mois de 2026, le niveau mensuel moyen des autorisations est équivalent à celui de l'ensemble de l'année 2025.
Autrement dit, le recul ne s'accentue plus au même rythme. Et derrière la moyenne nationale se cachent surtout des marchés locaux aux trajectoires très différentes.
Quels départements concentrent le plus de construction neuve ?
Tous les territoires français ne construisent logiquement pas au même rythme. Taille de la population, attractivité démographique, tension sur le logement, disponibilité du foncier, renouvellement urbain ou encore importance du logement collectif influencent fortement les volumes. Sur douze mois, plusieurs départements dépassent ou approchent le seuil symbolique des 10 000 logements autorisés.
| Département | Logements autorisés sur 12 mois |
| Hauts-de-Seine | 12 700 |
| Ille-et-Vilaine | 12 100 |
| Nord | 12 100 |
| Seine-Saint-Denis | 12 000 |
| Val-de-Marne | 12 000 |
| Gironde | 11 100 |
| Haute-Garonne | 10 700 |
| Rhône | 10 700 |
| Loire-Atlantique | 10 500 |
| Bouches-du-Rhône | 9 000 |
Avec 12 700 logements autorisés, les Hauts-de-Seine arrivent en tête. L'Ille-et-Vilaine et le Nord suivent avec 12 100 logements chacun, devant la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne avec 12 000 logements.
La Gironde totalise de son côté 11 100 autorisations, tandis que la Haute-Garonne et le Rhône atteignent chacun 10 700 logements. La Loire-Atlantique suit avec 10 500 logements et les Bouches-du-Rhône enregistrent 9 000 autorisations.
Sans surprise, une grande partie de ces territoires correspond aux principales métropoles françaises et à leurs bassins de vie : Paris et sa première couronne, Rennes, Lille, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Nantes ou Marseille.
Le besoin de nouveaux logements y reste structurellement important. Certaines de ces grandes villes continuent parallèlement de gagner des habitants : entre 2017 et 2023, la population progressait par exemple en moyenne de 1,2 % par an à Toulouse, 1 % à Nantes, 0,9 % à Bordeaux ou encore 0,9 % à Nice.
Où construit-on réellement le plus de logements neufs en 2026 ?
Une autorisation ne signifie pas qu'un immeuble est déjà en construction. Pour mesurer l'activité concrète du marché, les mises en chantier apportent donc un éclairage complémentaire. Et sur cet indicateur, la géographie change légèrement.
| Département | Logements mis en chantier sur 12 mois |
| Gironde | 9 800 |
| Nord | 9 700 |
| Haute-Garonne | 8 700 |
| Loire-Atlantique | 8 500 |
| Bouches-du-Rhône | 8 300 |
| Ille-et-Vilaine | 8 300 |
| Rhône | 8 100 |
La Gironde prend la première place avec 9 800 logements commencés, juste devant le Nord et ses 9 700 logements. La Haute-Garonne totalise 8 700 mises en chantier, suivie par la Loire-Atlantique avec 8 500 logements. Les Bouches-du-Rhône et l'Ille-et-Vilaine atteignent chacune 8 300 logements, devant le Rhône avec 8 100 logements.
Ces volumes confirment la place centrale des grandes agglomérations dans la production immobilière neuve française.
Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes, Lille, Lyon ou Marseille représentent ainsi des marchés majeurs pour les promoteurs, mais également pour les ménages à la recherche d'un logement récent répondant aux dernières normes de construction.
En matière de construction neuve, le logement collectif résiste mieux
Autre enseignement intéressant des statistiques 2026 : le collectif apparaît aujourd'hui plus résilient que la maison neuve individuelle. En août, 18 007 logements collectifs ou en résidence ont été autorisés, contre 11 742 logements individuels. Côté chantiers, 16 983 logements collectifs ou en résidence auraient été commencés, contre 10 680 logements individuels.
Sur douze mois, les mises en chantier de logements collectifs ou en résidence restent seulement 3,1 % sous la moyenne des cinq années précédentes, quand l'individuel se situe 18,7 % en dessous.
Le logement en résidence affiche même une dynamique à contre-courant : sur douze mois, les autorisations progressent de 24,3 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes et les mises en chantier de 25,4 %. En août, les autorisations de logements en résidence ont également bondi de 14,3 % sur un mois.
Cette évolution illustre une construction neuve de plus en plus concentrée dans les zones urbaines, là où la densification et le logement collectif permettent de produire davantage de logements sur un foncier devenu (trop) rare.
Quels territoires connaissent les plus fortes hausses de permis de construire ?
Observer uniquement les plus gros volumes ne suffit pas. Certains départements encore relativement modestes en nombre de logements connaissent actuellement des accélérations beaucoup plus fortes. Du côté des autorisations de construire, les progressions atteignent :
- +96,3 % dans les Ardennes,
- +88,5 % dans l'Eure,
- +52,2 % dans les Yvelines,
- +45,3 % en Seine-Saint-Denis,
- +26 % dans le Bas-Rhin,
- +25,9 % dans les Alpes-Maritimes.
La Seine-Saint-Denis constitue un cas particulièrement intéressant puisqu'elle conjugue une progression de 45,3 % avec un volume déjà considérable de 12 000 logements autorisés.
Il faut naturellement rester prudent face aux pourcentages enregistrés sur les territoires dont le volume initial est plus faible : quelques grands programmes immobiliers neufs peuvent suffire à faire fortement varier les statistiques. Mais lorsque hausse des autorisations et volumes importants se rencontrent, le signal devient davantage révélateur de la dynamique du marché.
Les mises en chantier accélèrent fortement dans plusieurs départements
Les évolutions des chantiers sont encore plus spectaculaires. Paris affiche une progression de 96 % des mises en chantier, tandis que les Hauts-de-Seine gagnent 78 %.
Et les fortes accélérations ne concernent pas uniquement l'Ile-de-France :
- +84,1 % dans la Drôme,
- +46 % en Savoie,
- +39,3 % dans le Rhône,
- +22,3 % en Haute-Savoie.
La construction neuve montre ainsi des signes de redémarrage dans plusieurs bassins très différents, de l'agglomération parisienne au sillon alpin en passant par la métropole lyonnaise.
Bon à savoir : ces chiffres ne permettent pas encore de parler d'un redémarrage uniforme de tout le marché français. Ils montrent en revanche qu'une partie des territoires est déjà entrée dans une phase plus dynamique.
Pourquoi la reprise de la construction neuve est-elle une bonne nouvelle pour les acheteurs ?
La remise en route des chantiers constitue évidemment une très bonne nouvelle pour l'offre. Dans les secteurs aux besoins en logements importants, construire permet de remettre progressivement des biens sur le marché, aussi bien pour les propriétaires occupants que pour les investisseurs ou pour les futurs locataires.
Une offre neuve plus importante permet également aux acheteurs de retrouver davantage de choix entre différentes localisations, typologies et configurations de logements.
Pour les acheteurs qui souhaitent se positionner sur une ville attractive, observer la construction locale peut également être instructif. Un territoire cumulant besoins en logements, dynamisme démographique, nouvelles infrastructures et production immobilière constitue un environnement très différent d'un marché sur lequel l'offre et la population se contractent simultanément.
La construction neuve reste loin de 2022... mais 2026 marque un changement de tendance
Le marché actuel doit néanmoins être replacé dans une perspective plus longue. En août 2022, la France comptabilisait encore 48 900 logements autorisés et 35 100 mises en chantier selon les données utilisées comme référence dans la comparaison sectorielle. Quatre ans plus tard, les volumes restent donc très en retrait.
Les statistiques historiques du SDES montrent d'ailleurs à quel point la période 2021-2022 avait été atypique, avec un niveau particulièrement élevé d'autorisations de construire. 2026 ne signe donc pas encore le retour aux sommets. Mais la donnée la plus encourageante est ailleurs : les chantiers repartent plus vite qu'en 2025.
Cette reprise intervient également dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à favoriser la production. Le plan "Relance logement" présenté en janvier 2026 affiche notamment l'objectif de permettre la construction de 2 millions de logements d'ici 2030, tandis que plusieurs évolutions réglementaires cherchent à simplifier les procédures d'urbanisme et à accélérer certains projets.
La construction neuve française entre donc peut-être moins dans une phase de retour spectaculaire que dans celle d'un redémarrage progressif et très territorialisé. Et c'est précisément dans les départements où les permis, les ouvertures de chantier et les besoins en logements se conjuguent que cette nouvelle dynamique est aujourd'hui la plus visible.
Pour aller plus loin : Immobilier neuf : les 4 chocs du projet de loi Relance Logement qui pourraient tout changer
La FAQ pour tout comprendre à la construction neuve en France
Qu'est-ce que la construction neuve ? Définition
La construction neuve désigne la création d'un bâtiment ou d'un logement entièrement nouveau. Dans les statistiques publiques, son évolution est suivie grâce au nombre de logements autorisés et au nombre de logements effectivement mis en chantier.
Combien de logements neufs sont autorisés en France en 2026 ?
En août 2026, 29 749 logements ont été autorisés. Sur douze mois, de septembre 2025 à août 2026, le total atteint 369 723 logements.
Combien de logements ont été mis en chantier en France ?
Entre septembre 2025 et août 2026, 300 244 logements ont été mis en chantier. Pour le seul mois d'août 2026, le nombre est estimé à 27 663 logements.
La construction neuve repart-elle en France ?
Les volumes restent inférieurs aux niveaux observés avant la crise du logement neuf, mais les mises en chantier montrent une nette amélioration. Sur les huit premiers mois de 2026, leur rythme mensuel moyen est 21,2 % supérieur à celui de 2025.
Quel département construit le plus de logements neufs ?
Sur douze mois, la Gironde arrive en tête pour les mises en chantier avec 9 800 logements, devant le Nord avec 9 700 logements. Pour les autorisations, ce sont les Hauts-de-Seine, avec 12 700 logements, qui occupent la première place.
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Dans quels départements la construction neuve accélère-t-elle le plus ?
Les évolutions sont particulièrement fortes dans plusieurs territoires. Pour les mises en chantier, Paris affiche +96 %, la Drôme +84,1 %, les Hauts-de-Seine +78 %, la Savoie +46 %, le Rhône +39,3 % et la Haute-Savoie +22,3 %.
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Quelle différence entre un logement autorisé et un logement mis en chantier ?
Pour faire simple :
- Un logement autorisé a obtenu l'autorisation administrative nécessaire à sa construction.
- Un logement mis en chantier correspond à une opération dont les travaux ont effectivement débuté. Les mises en chantier donnent donc une vision plus concrète de la production immobilière en cours.
Pourquoi construit-on davantage de logements neufs dans certaines régions ?
Les volumes sont notamment liés à la croissance démographique, à la tension immobilière, aux besoins locaux en logements, au foncier disponible et aux politiques d'aménagement. Les grandes métropoles et leurs périphéries concentrent logiquement une part importante de la construction neuve française.
Le logement collectif occupe-t-il une place importante dans la construction neuve ?
Oui ! En août 2026, 18 007 logements collectifs ou en résidence ont été autorisés et 16 983 ont été mis en chantier. Le collectif affiche aujourd'hui une meilleure résistance que la construction individuelle.
Les chiffres de construction neuve peuvent-ils évoluer ?
Oui ! Les données relatives aux mises en chantier sont en partie estimées avant d'être complétées par les informations reçues ultérieurement. Le SDES précise notamment que les données du mois d'août sont traditionnellement plus fragiles en raison d'un volume plus faible d'informations collectées et peuvent donc être révisées les mois suivants.
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Sources :
- Service des données et études statistiques (SDES) - Sitadel, résultats de la construction de logements à fin août 2026.
- Ministère chargé du Logement.
- Insee.
- Données départementales de construction à fin août 2026.









