Comment les candidats à la présidentielle veulent lutter contre la crise du logement ?

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Le 31 janvier 2017, cinq des candidats à la présidentielle étaient conviés par la Fondation Abbé Pierre à la Grande Arche de la Défense. Largement questionnés sur leur programme et sur les mesures à mettre en place pour lutter contre la crise du logement, ils se sont exprimés devant une salle comble. Seule Marine Le Pen n’était pas invitée à cause d’un « désaccord trop profond avec les valeurs de notre mouvement » s’est justifié le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert.

Benoît Hamon propose un vrai programme de gauche


Le candidat de gauche annonce des mesures pour lutter contre la crise du logement qui semblent bien ancrées. Son programme est plus particulièrement axé sur le logement social et très social. Pour résumer, Benoît Hamon souhaite rétablir les aides à la pierre, un quota de HLM de 30% au lieu de 25% dans les métropoles, une garantie universelle des loyers endossée par la puissance publique.


Il veut également mener une analyse du dispositif Pinel pour qu’il continue à « soutenir le secteur du bâtiment » mais « à condition de construire plutôt dans les zones tendues, et des appartements familiaux, pas seulement des petites surfaces. »


Enfin, l’objectif « zéro bindonville » cher à Hamon a été expliqué : « Loger les 16 000 personnes des 500 bidonvilles recensés en France est à la portée de notre pays. »

Quand François Fillon lutte contre la crise du logement


Le candidat de droite était représenté par Isabelle Le Callenec. Sondée par Christophe Robert et la journaliste Audrey Pulvar, elle a laissé la place au flou dans son intervention. Il en est ressorti une impression neutre, comme si la crise du logement n’était pas tout à fait la priorité de François Fillon.


Dans les grandes lignes la représentante du candidat a affirmé vouloir reconduire les dispositifs qui fonctionnent comme la loi Pinel. Pour ce qui est de l’objectif annuel des 500 000 logements, elle juge inutile « d’afficher l’objectif irréaliste. Il faut l’adapter aux réalités locales ». Elle a ensuite pris l’exemple de la Bretagne qui mène déjà sa politique de construction locale. À elle encore de juger « Par exemple, il n’y a pas besoin de logements sociaux dans les zones rurales, donc pas besoin d’y imposer 25 % de logements sociaux comme le fait la loi solidarité et renouvellement urbain ».


Mais Isabelle Le Callenec semble avoir omis que la règle est valable uniquement dans les communes de plus de 50 000 habitants.


Est ensuite venu le temps d’évoquer les « petits propriétaires démunis » pour lesquels les procédures d’expulsions locatives devraient être facilitées et accélérées.


Les journalistes lui ont ensuite posé LA question qui a fait des émules : « quelle est votre politique sociale du logement ? ». Réponse de la représentante de François Fillon « qu’appelez-vous la politique sociale du logement ? ». On comprendra donc aisément les visages interrogateurs et stupéfaits de l’assistance.


Enfin, le malaise s’est fait plus présent lorsque les questions se sont tournées vers la suppression des aides personnalisées souhaitée par François Fillon. Il veut également mettre en place une allocation sociale unique dont le plafonnement est établi à 75% du SMIC. Sur ces interrogations, Isabelle Le Callenec a dit vouloir répondre « plus tard ».


En conclusion, la lutte contre la crise du logement n’est pas vraiment intégrée dans le programme de François Fillon.

La lutte contre la crise du logement vue par Emmanuel Macron


Il semblerait que beaucoup de Français soient en attente d’éléments concrets dans les annonces d’Emmanuel Macron. Et c’est chose faite. Le candidat d’ « En Marche » a brisé le silence autour de son programme immobilier. On retrouve dans celui-ci la domiciliation des sans-abri en adéquation avec la Fondation Abbé Pierre qui martèle « le logement d’abord » : « Une adresse, c’est fondamental. Elle pourrait être assurée par les services de La Poste, qui savent faire et assurent déjà le service bancaire universel. »


Pour le candidat, on ne viendra à bout de la crise du logement qu’avec un « choc de l’offre, en construisant des logements dans les trois zones où cela est nécessaire, l’Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et la frontière avec la Suisse, quitte à ce que l’Etat prenne la main avec des opérations d’intérêt national ».


Enfin, Emmanuel Macron souhaite également mettre l’accent sur l’intermédiation locative, un mécanisme qui consiste à faire louer un bien privé par une association. Ce logement est ensuite destiné à une personne en réinsertion.

Plus de logements sociaux pour Jean-Luc Mélenchon


Le candidat de la « France insoumise » s’est quant à lui positionné sur le créneau qu’on lui connaît : les logements sociaux. Ils souhaitent en effet que 200 000 logements neufs à visée sociale soient construits tous les ans et que 700 000 soient réhabilités et « deviennent à énergie positive ». Pour mener à bien son projet et « briser la spéculation », il veut investir 18 milliards d’euros. « L’argent n’est pas le problème, la Banque centrale européenne et l’Europe le donnent à des banques dont on ne sait pas ce qu’elles en font, et c’est de toute façon rentable puisqu’un euro investi suscite trois euros d’activité : c’est le FMI qui le dit, et il n’est pas, que je sache, une agence bolchévique ».


Enfin, le candidat de gauche est favorable à la création d’une « sécurité sociale du logement, avec garantie universelle des loyers qui a l’avantage de supprimer les expulsions locatives et de faciliter l’accès de tous à un logement ». Il rejoint Benoît Hamon sur ce point.

Rénovation et relogement des Roms pour Yannick Jadot


Le candidat d’Europe-Écologie Les Verts (EELV) a énoncé quelques grands axes de son programme sans vraiment se perdre dans les détails. Il se positionne donc en faveur de la rénovation énergétique avec une volonté de rénover 750 000 logements rapidement et pour la relocation des 20 000 Roms présents en France. Il souhaite donc trouver des solutions dont l’une d’elles consisterait à taxer les promoteurs à 1% de leurs profits. Cet argent serait réinvesti pour mener des actions citoyennes et sociales.

 

Êtes-vous convaincu par les éléments avancés pour lutter contre la crise du logement ? Lesquels ?

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